> Carnet de route Namibie



Jeudi 07 janv 2010, le grand départ


Initialement prévu : vol Paris London, London Joburg via British Airways

Une grande vague de froid a touché Londres ce matin, qui risque de durer 14 jours, les vols pour et depuis Londres sont annulés. Va-t-on devoir patienter deux semaines en France avant de pouvoir partir faire notre tour du monde. No, please !

Heureusement nous sommes redirigés vers le vol direct Paris-Johburg avec la même heure d'arrivée. Et le must... nous sommes sur-classés. Notre tour du monde peut enfin commencer au Champagne ! Que demander de plus ? Nous ne réalisons pas encore que nous allons vivre l'une des plus belles aventures de notre vie mais une chose est certaine, nous sommes prêts : here we are. L'avion décolle, en route pour le monde.


Vendredi 08 janv 2010 : Johburg Lichtenberg, Afrique du Sud


Aterrissage à 8H30 du matin heure locale, la nuit dans l'avion a été plutôt courte, la fatigue se lit sur nos visages ce matin. Après avoir échangé notre Johburg-HoChiMin pour le 17 fév, changé nos Euros pour des Rands et loué notre FIAT Palio chez Budget, nous voilà partis pour notre premier périple en Afrique du Sud et Namibie. Stan prend rapidement le pli de la conduite à gauche, enfin, l'hésitation se fait tout de même sentir aux intersections. Après les 10 000 kms parcourus en 40 jours, nous imaginons qu'il sera tout à fait au point. Après quelques minutes, nous nous rendons compte que les routes sont en très bon état mais mal indiquées ; en réalité, à peine partis, nous sommes perdus aux alentours de la ville. Rassurons-nous, ça ne durera qu'une heure.

Après une halte dans un pub sur la route, la fatigue nous décide à nous arrêter plus tôt : à Lichtenberg. Lapins, chiens, poules cohabitent ensemble dans le grand jardin de la ferme Christies qui nous accueille pour la nuit, s'exprimant parfois tous en même temps pour le grand bonheur des pensionnaires somnolant dans leur chambre ;o) un véritable concert de la nature. Nous pouvons enfin nous poser, nous doucher. Il fait très chaud aujourd'hui, très lourd, l'orage éclate enfin, fort et bruyant mais libérateur de cette fraîcheur tant attendue. Stan est inspiré, raconte, rêve sur l'histoire de cette Afrique Australe qui a tant de choses à nous faire découvrir pendant ce mois et demi, nous avons hâte.

Première soirée avec les Sud-africains, génial, notre itinéraire pour la Namibie est tout tracé. Notre premier contact avec les "Afrikans", hospitaliés, chaleureux, fiers de leur pays nous laisse présager de belles rencontres à venir. Après de nombreux conseils, un large apéritif, le bénédicité et un excellent dîner familial sous l'oeil spectateur des girafes, élans, buffles, empaillés au mur, notre excitation est à son comble, vivement demain que l'aventure commence.

22h, extinction des feux, repos bien mérité, demain le lever à 6h nous propulsera sur les routes vers la Namibie. Nous allons bien dormir : Dankie (NDLR : "merci" en afrikans).


Samedi 09 janvier : Lichtenberg - Upington


La nuit fut réparatrice, la première, cela fait du bien et l'humeur est au zénith. Nous essayons de rejoindre rapidement la Namibie pour en profiter au maximum. Stan est devenu un pro de la conduite à droite et je me défends au rôle de co-pilote. Les paysages arides défilent au fur et à mesure de la journée sur une note d'histoire. Je profite de ces heures de route pour lire à haute voix toute l'histoire de l'Afrique du Sud. Nous comprenons et réalisons mieux tout ce que ce pays a vécu depuis la découverte du Cap de Bonne Espérance en 1487 par Bartolomé Dias : la colonisation hollandaise, puis britanique, l'appartheid, les guerres civiles, la libération de Mandela marquant la fin de quatre siècles de lutte et la démocratie depuis 1994 ; 1994 ! C'était hier. Même si l'appartheid est terminée depuis une 20aine d'années, les mentalités blancs-noirs ne semblent pas encore avoir changé. Partons où nous allons, nous fréquentons des blancs. Malgré ce clivage encore présent, tous semblent avoir espoir dans l'avenir de leur pays et dans le futur changement.

Entre deux périodes de l'histoire sud africaine, nous nous posons pour déjeuner à Kuruman, petite bourgade dans le désert. Bien rassasiés, nous repartons à notre rythme vers notre prochaine destination : Upington. Nous l'atteignons vers 16H30, soulagés car la température dans la voiture devient insupportable. Incroyable ce qu'on supporte dans un trip comme celui-là alors qu'en France, jamais nous ne nous serions infligés cela.

Une petite guest house tenue par une vieille dame sur le bord du fleuve Orange nous accueille et nous profitons même d'un plongeon dans une piscine : le petit oasis tant rêvé.

A la tombée du jour, nous embarquons pour une promenade sur le fleuve, le décor est magnifique mais l'ambiance un peu "bof" nous laisse perplexe sur un fond de musique techno allemande. Nous apprécions ce moment paisible et en profitons pour apprendre nos premiers mots afrikans. Pour le dîner, la table du restaurant "le must" où Mandela et Mbeki sont venus dîner nous initie à la saveur de la viande locale. Décor superbe, dîner délicieux, sparkling wine sud-af, une vraie bonne soirée en amoureux. 23H extinction des feux, vivement demain.


Dimanche 10 janv : Upington- Augrabies Falls


Première grasse mat' avec un lever à 9H ! Notre hôte nous avait préparé un délicieux petit déjeuner avec la spécialité de la maison : banane frite saupoudrée de viande séchée... no comment ! Nous échangeons beaucoup avec cette afrikans, sur son pays, la nature, les safaris, les big five... Chaque fois la gentillesse et l'hospitalité gagnent nos coeurs de voyageurs. Nous comprenons de mieux en mieux comment fonctionne ce pays et sa population, passionnée par ses terres et fiers de sa nation.

Suivant les conseils de nos rencontres, nous partons nous approvisionner en eau, nourriture, cool bag pour parer le problème des longues distances désolées et arides. Nous optons également pour un CD de gospel africaine. Tout trouve sa place dans notre petite maison mobile qui se montre plutôt vaillante !

Upington est une sorte de station balnéaire au milieu du désert. grâce à son fleuve qui traverse la ville, la végétation pousse abondamment et de superbes maisons arborent les plus beaux emplacements sur les rives de l'Orange.

On s'y sent bien, la vie est paisible et calme, les pêcheurs s'y donnent à coeur-joie !

Nous devons repartir car la prochaine étape s'annonce époustouflante. Notre traversée en voiture s'agrémente de superbes vignes regorgeant de soleil et d'eau dans un contraste que seul ce pays désertique semble capable d'offrir. Les vendanges sont pour bientôt. Après 2H30 de voiture, nous arrivons dans notre guest house pour y déposer nos gros sacs et partons pour les Augrabies Falls " lieu du grand bruit" littéralement, munis de nos godillots de marche. Plantées dans un décor de mosaïque rocheuse, les vertigineuses chutes d'eau se jettent dans un grondement spectaculaire tant leur débit est important. Après quelques photos et films, nous nous équipons d'eau et nous lançons pour un trek de 2h en plein caniar dans ce fabuleux parc. Le rythme cardiaque s'accélère, la température est intenable mais les paysages traversés valent le détour à travers de petits cours d'eau, des monticules de roches volcaniques, des points de vue magnifiques. Nous apprécions la marche après tant de voiture ! Ravis, le réconfort suit l'effort pour nous laisser apprécier un bon raffraichissement sur une terrasse avec une vue panoramique superbe.

Retour à la guest house pour un bon dîner "organic" (NDLR : bio) car tout vient du jardin y compris leur canabis. Un long papotage autour du grand bar en roseaux avec le propriétaire et 2 anglais fans de Criquet, en vacances. Encore une belle journée même si la nuit s'annonce très chaude !


Lundi 11 janvier : Augrabies Falls (AFS) - Fish River Canyon (Namibie)


Une nouvelle longue journée de route nous impose le réveil de bonne heure. La chaleur de la nuit s'est inscrite sur sur nos visages, la pluie n'est pas tombée, c'est la première fois.

Peu importe, un café, une banane et une barre de céréales suffisent pour nous donner l'entrain nécessaire et attaquer notre route vers la frontière. Nous écoutons les conseils de nos hôtes et découvrons non sans une certaine surprise l'autre facette des routes : les pistes, marquées par la lettre C sur la carte. Nous serons prévenus. Voilà comment échanger le confort contre un raccourci chargé de paysages incroyables. La carcasse de la Fiat souffre sur les graviers, les mains sont moites sur le volant mais nous arrivons à bon port.

La Namibie s'offre à nos yeux par la petite porte d'Onseenpkans où nous passons le poste frontière sans problème. Les kilomètres font défiler une formidable variété de couleus sur les montagnes. L'aridité nous contraint à nous attacher à chaque détail, aux trois voitures et aux deux visages croisés. Nous franchissons dans une dimension étonnante. Jamais nous n'avons tant compter sur la fiabilité de la voiture et de son conducteur. Imaginez-vous des routes droites, suivies de pistes lunaires sans âme qui vive, sous une chaleur de plomb, bercé par un Gospel infatigable. Les distances sont longues, on nous l'avait dit, nous l'avons expérimenté ! Heureusement, l'eau fraîche et les bananes sont à proximité. Le nom des villes attendues sur la carte semblent s'éloigner à chaque minute et laissent la place à une succession de monticules rouges, ocres, jaune, verts comme déposés par magie, certainement il y a plusieurs millions d'années par un pétage de plomb volcanique de notre chère planète. Chaque goutte d'eau, si rare a été capturée par endroit pour redonner vie à des zones éparses de végétation luxuriante. Comment la vie peut-elle tenir dans ces conditions ? Nous sommes fascinés. Plus tard il ne reste que les pistes pour nous mener à la porte Gandwana du Fish River Canyon Park. La conduite devient tendue, concentrée nous tenons bon dans l'espoir de trouver l'endroit insolite qui nous accueillera pour la nuit. Plus d'une heure après, chose promise, chose dûe, les derniers kilomètres du petit Vattanen (NDLR : Stan !) nous mènent jusqu'au Mountain Camp. Nous pouvons nous poser et accessoirement laver nos fringues (apparemment il est possible d'être pilote et homme de ménage puisque c'est Stan qui s'y colle). J'en profite pour stocker les premiières photos prises sur la route. Plus tard et sans grande conviction, nous nous prêtons au jeu de la Sundowner walk, une ballade organisée pour le coucher du soleil. La magie opère sur le petit groupe de 5 : une namibienne pétillante, un géologiste, un néerlandais, nous deux. Chaque plante devient un trésor avec son histoire, les pierres nous racontent leur origine à travers le discours ludique de grand beau black au sourire d'ange et tout s'éclaire sur les paysages parcourus. Nous sommes en plein milieu d'un décor totalement surréaliste que le désert encercle sur des dizaines de kilomètres. Nous causons "nature", bercés par le chant du désert devant un magnifique soleil couchant : "this is afrika" conclut le géologiste (NDLR : aucune explication rationnelle mais ce sera certainement notre leit motiv).

Notre journée s'achève par un tête à tête à la française arrosé de notre premier vin rouge : Cabernet Sauvignon sud africain. Nice!


Mardi 12 janvier 2010 : Fish River Canyon


La chaleur nous réveille avant le désormais quotidien "bip bip" de nos montres. La faim fait partie des intéressants vecteurs d'expérience lorsqu'on voyage. Sans réelle provision, nous nous aventurons vers la ferme proche de notre Moutain Camp. Là, malgré l'heure matinale, les namibiens s'activent déjà à leurs tâches pour nourrir tout le campement. En demandant naivement quelques oeufs et légumes pour notre petit déjeuner, nous découvrons comment le Fish River Canyon Village vit en autarcie. Des poules, un potager, du bétail, leur propre eau de source, ils sont ainsi capables de reproduire avec des moyens plus modernes le mode de vie de leurs aieuls. En tout cas, celan nous vaut un excellent petit déjeuner "organic". Petite pensée pour Capucine qui aurait adoré !

Rassasiés, nous sommes plus sereins pour affronter les 10 kms de piste quie nous séparent du deuxième plus grand canyon au monde. Sur le chemin nous vivons notre "dépucelage" face à la faune. Et voici comment deux parisiens qui ne souhaitent même pas avoir un chat d'appartement s'émerveillent devant le cadeau que nous fait la nature : un petit troupeau de zèbres, suivi de timides autruches... nous sommes ébahis ! Cela promet pour les futures "Game reserves". Au bout de la route, le scepticisme nous gagne... nous garons la voiture mais rien. Il nous faut approcher d'une dizaine de mètres à pieds pour découvrir une fabuleuse immensité profonde de 550 mètres : le fish river canyon. La discussion de la veille avec le géologiste botswanais prend tout son sens alors que nous admirons le travail de 350 millions d'années d'évolution rocheuse.

Petite leçon de géologie : il y a donc fort longtemps, deux plaques se sont écartées pour créer une gigantesque faille dans la roche et accueillir l'écoulement de la fonte des glaces (oui, il y avait de la glace). L'érosion participant au phénomène, deux gnomes comme nous se retrouvent bien petits (plus petits encore) face à 56 kms de canyon. La roche obtient sa couleur rouge à mesure que les minéraux de la pierre sont exposés à l'air. Les écarts de température entre les journées torrides et les nuits fraiches imposent de successives dilatations et contractions de la roche jusqu'à ce qu'elle se fissure. Le fer contenu rouille au contact de l'oxygène. La couleur rouge est donc... de la rouille. Les énormes parois du canyon se craquellent lâchant des blocs parfaitement rectangulaires tandis que d'autres énormes pierres tout droit sorties du magma constituent de gigntesques monticules de roches parfaitement rondes. L'ensemble est fascinant pas sa taille, sa forme et sa couleur. On se croirait dans un décor Disneyland. L'échelle n'est toutefois pas la même !

Deux heures de marche le long de ce spectacle naturel nous propulsent dans un univers inimaginable. Après cette belle balade et un nouveau repas "organic", nous profitons de l'après-midi pour nous reposer : photos, cartes postales, lessives and... to get some rest.

Plus tard, un sérieux orage nous a tirés de notre létargie. Nous nous préparons pour le coucher de soleil déroutant : ciel ténébreux et pourtant totalement dégagé à l'horizon, à perte de vue.

Une agréable discussion avec un allemand vient ponctuer notre journée avant que nous profitions de notre premier "braii" (NDLR : BBQ).

Goede Naag !


Mercredi 13 janvier 2010 : Fish River Canyon - Sesreim - 640 Kms (our monthly wedding birthday)


Aujourd'hui, nous ne raconterons pas notre petit-déjeuner. Le déjeuner sur la route n'a pas non plus grand intérêt. Non, aujourd'hui est un jour différent. Car l'heure qui nourrit ces lignes nourrit également notre sentiment d'être entrés dans la catégorie "aventuriers"...

La route encore, celle qui fait désormais partie intégrante de notre voyage, nous a marqués, nous a renforcés... nous a fait peur, vraiment. Des kilomètres de piste ont fait défiler des graviers, du sable, des trous, des caillasses, nous obligeant à pousser la Fiat dans ses retranchements. Rassurons-nous, il est 20H, la courroie est sauve et nous sommes entiers ! Seule la plaque d'immatriculation arrière a rendu l'âme (bien peu de chose). Ce n'est plus seulement ce pays qui est chargé de contraste mais ce sera tout notre périple, chargé d'aventure et de douceurs.

L'épisode le plus phénoménal de la journée restera cet énorme orage que nous avons dû traverser au milieu des éclairs, d'une pluie diluvienne et même de la foudre... nous nous sentions minuscules et vulnérables dans cette voiture non moins minuscule ni vulnérable. Sous l'oeil amusé des autruches, des oryx et des zèbres, Stan a tout fait pour maintenir notre allure alors que je débranchais la case "il est possible que là, tout de suite, j'ai extrêment peur" pour arriver à Sesreil et trouver un logement.

Le second épisode directement lié au premier nous a fait prendre conscience que "non, la voiture n'est pas amphibique", pourtant en lui parlant gentillement, piloté par cette fois le grand Vatannen, la voiture a vaillamment traversé des "huge" flaques d'eau d'une vingtaine de mètres de long et chargées de 30 cm d'eau. La première traversée fut tout un spectable assisté par le chauffeur d'un trans-africa. Chose amusante, le même véhicule de 20 tonnes et huit roues qui a causé notre trouble en marquant la piste de ses profondes empreintes, a pour cette fois été notre assisant-secours. Les traversées suivantes, quand on connait le truc, firent partie de la "balade".

Après la leçon de géologie d'hier, voici quelques notions de conduit sur piste :

1) avant de prendre la route : le plein de pétrol, de l'eau fraîche, de la nourriture, des pneus légèrement sous-gonflés (de 2,5 à 2 bar)

2) à chaque croisement ou dépassement d'un véhicule, apposer la main sur la pare-brise pour élimer les vibrations entraînées par l'éventuel choc d'une pierre, cela évite toute fissure et nous l'avons expérimenté

3) éviter les traces de trans-africa et privilégier les bords extrêmes ou le centre de la piste

4) en cas d'embourbement ou d'ensablement, légère marche avant-arrière répétitive, donner du volant "gauche-droite" à chaque remontée

5) face à une flaque importante : stopper le véhicule, faire un premier repérage à pied de la profondeur, passer en seconde avec un filet d'accélération.

Le troisième épisode est quant à lui plus fantaisiste. Nous nous attendions à rejoindre le Desert Camp, de jolis bungalows au milieu de nul part mais la réalité fut toute autre. Face à ce lodge "full" le choix cornélien s'impose : un autre lodge à 360€ la nuit ou un emplacement de camping à 25€ la nuit. C'est là que les deux béliers se révèlent sans compter sur la tente que les aimables propriétaires voulaient bien nous prêter et qu'à la réflexion, nous nous sentions bien incapables de monter nous-même, nous avons opté pour la nuit... dans la voiture. This is africa !

Nous sommes heureux et ce sera certainement le plus insolite de nos anniversaires (mensuels) de mariage. On s'aime, on est tous les deux au milieu du désert du Namibe... Extra-ordinaire !


Jeudi 14 janvier 2010 : Sesreim - Sossulvei, dune 45, Canyon


Cette septième journée a démarré bien tôt dans la nuit. Elle n'aura été que de courte durée et dans un confort somme toute très très limité. Ce n'est pas tant les différents orages que l'espace exigu de notre désormais célèbre Fiat Palio, la chaleur ou le couchage inconfortable mais bien plus le réveil à 4h50 qui a véritablement défait nos visages. Peu importe, 15 min après, nous étions sur les traces des 63 kms devant nous mener à la duner 45. Rien de tel pour nous réveiller qu'une marche au crépuscule sur le sable rouge vers un sommet orienté plein Est et qui culmine à 300 mètres. Pour dire vrai, avec un car d'anglais, un trans-africa d'allemands, le charme n'était pas tout à fait au rendez-vous. Le fait est que cela faisait bien longtemps que nous n'avions pas vu autant de monde ! Les respirations haletantes s'organisent à l'unisson, les pas dans les pas, nous grimpons pour arriver dans une atmosphère paisible baigné dans un panoramique digne du Petit Prince, de Saint Exupéry. Chacun attent, appareil photo prêt à être dégainé le moment où le soleil va montrer le bout de son nez ! Toute cette cordée est certe fatiguée mais visiblement heureuse de vivre cet instant conjugué au présent.

Unfortunately, le soleil ne se montrera pas vraiment ! Pas cette fois-ci. La luminosité n'en est pas moins magique, chargée de bleu, de rouge, d'orangé et de rose, qui se reflètent sur les centaines de dunes alentour. Notre réveil brutal en valait vraiment la peine.

Après cette mise en jambe, 5 kms à pieds nous attendent pour flirter avec les Onyx et les Springbucks toujours aussi timides. Le pas est déjà lourd sous le soleil mais la nature au pied des dunes alimentent notre enthousiasme à travers ses acacias, les étendues de sel et le sable rougeoyant. Nous arrivons enfin à Deadvlei, une nouvelle marche sur une dune nous offre un spectacle étonnant où les acacias vieux de 500 ans sont morts après que le cours d'eau Tsauchab a cessé de les nourrir, bloqué par une dune. Il reste une vaste étendue de sel, piquée par ces squelettes tout droit sortis d'un décor lunaire. La matinée fut ponctuée par mes premiers essais au volant à droite. Comme ce n'est pas mon genre de me vanter, je citerai le petit Vattanen "Tu te débrouilles incroyablement bien ! ". Cela doit être dû à mon côté ambidexte, finalement c'est comme ouvrir un pot de confiture de la main gauche : pas si dur. Même la piste, Finger in the nose, enfin "Watch your speed limit, Gwen". L'après-midi fut celle du repos, bien bien mérité et bien bien attendu, on est mort. Heureusement, notre place nous attend au Désert Camp, à la hauteur de nos espérances. La fin de journée nous mène au Sesreim Canyon haut de 30 mètres, les colons du XVIIIème y puisaient leur eau avec six courroies (Ses Reim). Impatients, nous trouvons viande, bois et quelques légumes en boîte pour notre premier braii (BBQ), self catering improvisé. Voilà que le soleil se couche sur le désert et notre bungalow entraînant la visite d'invités surprises : d'énormes criquets face auxquels nous nous sentions impuissants avant qu'un chacal ne vienne nous en débarasser de quelques coups de gueule sur notre terrasse. Ca c'est du service from Namibia.

Nous nous surprenons à faire du feu (enfin Stan), préparer notre nourriture nous-même, bref à jour les aventuriers avec plaisr. This is Namibia. Après une longue journée, une longue nuit nous attend.


                                                                                                   ^^

Vendredi 15 janvier 2010 : Sesreim - Walvis Bay

 

Après l'essai concluant de la veille, la co-pilote du petit Vattanen a enfin pris le volant. Je suis très fière d'annoncer 4H de route et 300 Kms sur les pistes les plus difficiles qu'on ait eu sous bonne météo. FInalement, l'appréhension ne dure qu'un temps et le rodage se fait vite, sous l'oeil attentif du passager. Des pierres à éviter, du sable, des routes sinueuses à travers de magnifiques collines que je n'ai, pour cette fois, pas peu contempler. Maintenant nous sommes deux conducteurs et deux avantages se profilent. Le premier est que nous profitons de tout notre périple dans une liberté totale, le second est que les trajets Paris-Dinard ou Paris-Oléron nous sembleront enfantins ! Notre parcours est ponctué par une halte dans une ville fantôme appelée Solitaire où nous avons pu réparer la plaque d'immatriculation (enfin plus ou moins) et par une rencontre sur la route d'un namibien qui attend depuis une journée et demie, roue cassée, qu'une bonne âme le mène jusqu'à Walvis Bay ; ce que nous faisons.

Arrivés, nous planifions les deux jours à passer chez Photo Adventures, une sympathique organisation d'excursion au nom très prometteur. Au programme : exploration du Lagoon en bateau, parcours en 4x4 dans les dunes et sortie en Quad dans le désert du Namibe. Voilà de quoi nous motiver pour rentrer sagement dans notre modeste chalet nous faire un dîner et nous coucher épuisés.

 

Samedi 16 janvier : Walvis Bay

 

 Une bonne nuit de sommeil nous remet d'aplomb. En route vers la croisière ! Nous arrivons sur le ponton et découvrons l'équipage : Mossie, encore imbibé d'alcool, franc et joyeux luron à l'humour étonnemment fin, Mike son discret bareur et Spotty une otarie de 80 Kgs apparemment habituée à se rendre intéressant contre du poisson frais et quelques flashs. La chasse aux dauphins commence, propulsée par les deux moteurs de 200 CV. Quelques minutes et blagues plus tard, les premiers ailerons s'amusent déjà derrière la traînée du bateau. Emerveillé, le badot dont nous faisons partie se démène pour capturer LE bon cliché de ces créatures difficiles à apprivoiser et surtout à photographier ! Dans la bonne humeur et bien qu'il soit à peine 9H30, Mossie nous initie au Namibian Coffee (quelques shots de Sherry !). Ca passe plutôt bien, très bien même ! Un escadron de pélicans se joint à la fête pour le plus grand plaisir de la dizaine de photographes amateurs sur notre bateau. Plus loin, une horde de deux mille otaries juchée au pied du phare de la baie s'attachent paisiblement à faire découvrir à leurs petits les premières joies de la vie. Très impressionnant et bruyant, imaginez un gigantesque troupeau de mouton à la voix particulièrement rauque. Nous apprenons avec surprise que les Cormorans produisent de façon industrielle une denrée rare, utilisée notamment pour fabriquer des explosifs lors de la seconde guerre mondiale : leurs chiures !

Vers midi, le bateau s'arrête à l'abris d'une digue et notre "funny Mossie" se transforme en hôte attentionné pour nous servir des huîtres namibiennes fraîchement ouvertes. Plus iodée que sa cousine française, l'huître namibienne arrive à l'âge adulte en 7 mois seulement contre deux ou trois ans en France. Elles sont laiteuses et compactes ; sans chauvinisme, les avis son très partagés. Heureusement cette saveur de la mer est accompagnée de Sparkling Wine et d'un buffet très agréable. Nous sommes emballés par cette matinée au contact de l'océan après tant de jours dans le désert. Le Sparkling Wine aidant bien, nous repartons fanfaronnant vers la suite de la journée. A bord d'un 4x4 nous découvrons la maîtrise de conduite de Zack, 24 ans, les cheveux blonds asséchés par le soleil,  habitué au désert du Namib et à ses hautes dunes. L'adrénaline accompagne nos montées et leurs inévitables descentes à 34°. A une centaine de mètres de haut et depuis le véhicule, c'est vraiment impressionnant. Nous apprenons beaucoup sur le fragile écosystème du désert, ses souris, serpents, scoprions, lézards sans peau et sa plante magique "the art of the desert" la Nara. Pourquoi magique ? Elle pousse quasiement sans eau, est dotée de racines composées d'une infinité de canaux permettant de faire circuler l'eau de bas en haut et non l'inverse, son fruit contient tous les nutriments permettant la survie d'un être humain, ses tiges s'accrochent partout dans le sable pour lutter contre les vents et deviennent des fleurs ouvertes pour collecter les gouttes en cas de rares pluies.

Nous terminons par la découverte d'un sport "dunaire" : le sandboarding. Pour le pratiquer, rien de plus simple. Il suffit d'une planche de bois souple et fine, un peu de wax et une très haute dune. Le plus difficile est de se lancer à plat-ventre, presque le nez dans le sable. Là, un chuss de 300 mètres sur une piste de sable vous envoie à près de 30 km/h. A même le seul, sensations garanties ! Malgré la remontée sans télésiège, trois pas en haut, deux pas en bas, on en redemande ! Le retour dans le 4x4 est très calme, jusqu'à ce que Zack décide d'agrémenter le retour d'une descente de dune en marche arrière. De quoi réveiller tout le monde ! Quel humeur ces namibiens. Parcequ'on a bien ri et pour se faire pardonner, il nous invite chez lui pour un braii entre amis. Notre première vraie invitation : top. C'est munis de deux bouteilles de vin sud-af (comme l'indique le Routard) que nous abordons de longues discussions sur la vie locale. Super soirée, super souvenir. On leur rendra la pareille à Paris.

 

Dimanche 17 janvier : Walvis Bay - Swakopmund

 

Nous sommes désormais habitués au lever bien matinaux. Surtout lorsqu'il s'agit d'une balade en Quad dans le désert. Les premières sensations au guidon du 4 roues de 250 cc me semblent assez... préoccupantes. Auncune consigne de sécurité ou indication, nous sommes déjà partis : this is afrika. Et moi... je fais comment pour démarrer ?!? Après les rapides conseils de Stan et quelques kilomètres, le rodage mal assuré se transforme en un pur plaisir. On grimpe et on descend les dunes avec bonheur. Notre guide ponctue notre traversée de stops culturels :

nous découvrons les traces d'Oryx, d'éléphants du désert, de lions, de girafes laissées sur une boue salée, foscilisées après qu'une dune a obstrué un cours d'eau, asséchant l'endroit où ces animaux pouvaient s'abreuver il y a une centaine d'années (NDLR : une dune se déplace de sept à dix mètres par an).

nous visitons l'emplacement où des bushmen ont été enterrés, recroquevillés sur le ventre, tournés vers le nord, dotés de deux jours de provision en eau et nourriture ; de quoi leur donner le temps, selon leur croyance, de trouver le nécessaire et d'organiser leur survie dans  l'au-delà.

En creusant dans certaines zones du désert situées en réalité sous le niveau de la mer, il suffit d'une quarantaine de centimètres pour trouver de l'eau claire, filtrée par la terre.

Après un chaleureux au-revoir de l'équipe Photo Adventure, nous quittons Walvis Bay empreinte d'influence britannique, au bord de l'océan Atlantique pour rejoindre Swakopmund 15 kms plus au nord, plus germanique, plus peuplée, plus colorée.

Nous y trouvons notre première connexion Internet pour enfin donner quelques nouvelles au pays. Nous passons une petite soirée sans artifice au Tiger Reef, au bord de l'océan, les pieds dans le sable et bercés par le bruit des vagues. Très sympa et frais, nous préparons les photos  que nous pourrons poster dès demain matin. Bonne nuit !

                                                            ^^

Lundi 18 janvier : Swakopmund - Damaraland

 

Celui qui voyage connait un sentiment mélangé. L'impression de liberté, le tacite devoir de profiter de chaque instant comme un enfant curieux et l'intuition d'une partie de lui est resté dans son pays. Qu'on le veuille ou non, dans nos écrits, dans le choix de nos photos, nous conservons une pensée pour ceux qui sont à la maison. La matinée à Swakopmund nous permet de tendre le lien virtuel vers nos proches pour leur faire partager, loin des détails et de l'instant présent si riche, toutes les curiosités rencontrées en chemin. Enfin un peu de temps et de confort mesuré en kilobytes/seconde nous permet d'alimenter www.mobireporter.net de notre premier album mobile et de son carnet de route.

Nous appréhendons les coûts des logements à venir dans le Parc Etosha (notre prochaine destination) qui ne compte que trois somptueux Lodges. Qu'à cela ne tienne, un billet de 500 euros trouvé au détour d'un trottoir nous offre l'opportunité de ne plus nous en soucier ! La chance des béliers aurait-elle encore frappé ? C'est parti pour notre dernière grosse journée de route sur piste ! Nous hésitons à prendre la Tarred Road (route goudronnée) qui nous conduit facilement et directement à Khorixas, mais préférons finalement traverser les sublimes paysages des montagnes Brandberg dans le Damaraland sur une piste incertaine, abîmée par la pluie (many water holes). Comme si l'état de la piste ne suffisait pas à allonger le trajet, nous empruntons un raccourci qui s'avèrera être plus tard le détour qui nous mettra en péril. Il est près de 19h et nous avons 1h15 devant nous pour respecter la consigne "Don't drive by night!" Nous le savons l'état des routes, les games (gibiers) et les longues distances deviennent des menaces exacerbées dès que le soleil se couche. Arrivés sains et saufs, le bilan se dessine : les paysages étaient absolument fabuleux, sur cette "scenic road", par ce raccourci le plus long de l'histoire, la Fiat Palio est intacte à notre grande surprise et malgré nos craintes, nous sommes arrivés 5 minutes avant la tombée de la nuit ! Lucky we are ! Un dîner gargantuesque nous est servi au Xaragu Camp et nous apprécions une bonne douche froide en plein air, au pied des montagnes avant de nous coucher.

 

Mardi 19 janvier : Damaraland - Etosha Parc (Okaukuejo)

 

Notre réveil au camp au petit matin révèle le décor infini que nous n'avions pas pu apprécier la veille. Quelle sensation ! Notre large tente adossée à sa salle de bain de plein air  se plante là, au milieu de nulle part. Notre copieux petit déjeuner est la bonne énergie pour entamer la route vers "Gondwana", ce continent qui inscrit sa réalité historique dans notre imaginaire, le premier continent, celui depuis lequel tout a commencé il y a 350 millions d'années.

Nous arrivons aux portes de la forêt pétrifiée. Mickael, notre guide, nous ouvre les voies de l'histoire marquée par l'âge de glace et les profonds troubles climatiques qui ont suivi. Les connifères déterrés du ventre de la Namibie ont été apportés par le courant gigantesque des eaux depuis le Congo ou autre pays avoisinant, à des milliers de kilomètres de là. Brutalement arrachés, ils sont restés intacts, enfouis dans la terre jusqu'à ce que leur cellulose soit remplacée par la silice, transformant ces arbres en pierre ! L'écorce, l'aspect, la naissance des branches, des troncs de 40 mètres, tout prête à confusion. Mais le toucher contrecarre l'impression : c'est de la pierre ! Quels fabuleux dérèglements climatiques ont pu générer une telle force de déplacement ? Tout simplement fascinant.

Quelques kilomètres après cette brève parenthèse en période glacière, nous retrouvons les joies d'une route en goudron (tarred road). 250 kilomètres à 130 km/h, à peine 2H de route, le bonheur absolu, "you can't imagine!!!".

Notre arrivée à Etosha Parc, la plus grande réserve de Namibie, est saluée par une paisible girafe tout au bord de la route, tranquillement occupée à brouter les hautes feuilles d'un arbre vert, très vert. La pluie moins rare en cette saison exerce son pouvoir sur la moindre végétation environnante : le contraste encore sur ce pays aride qu'une infime goutte bouleverse. Nous nous attachons à prendre les appartements les plus raisonnables possibles mais cela reste somptueux ! Une bonne nuit nous attend sous l'immense moustiquaire d'une chambre nuptiale !

 

Mercredi 20 janvier : Etosha Parc ( Halali)

 

 Nous jouons le jeu du réveil au soleil levant : 6H37 sur le départ ! Appareil photo chargé à plein, jumelles, camescope et un peu d'eau et de nourriture. Nous nous lançons pour arpenter les pistes du parc à la recherche des Big Five (Lion, Buffalo, Leopard, Elephant, Black Rhino). Quelques kilomètres plus tard, un lion nous tourne le dos s'enfonçant déjà dans des hauts buissons ne nous laissant pas le temps d'en faire une capture numérique. Nous sommes surexcités ! Pourtant, le reste de la journée sera principalement une succession de plaines verdoyantes piquées de Springbock (like a Gazelle). Les afrikans nous avaient prévenus : "you'll get tired of Springbok" ... pas faux ! Buvant de l'eau, avec leurs petits, allongés dans l'herbe, faisant leur commission, nous les avons photographiés sous tous les angles ! Il nous faudra attendre plusieurs heures pour qu'une piste accidentée nous mène au point d'eau où deux lions et deux girafes s'offrent aux objectifs ! Le reste de notre chasse est ponctuée par l'apparition de hyennes, de buffles, d'élans, de biches, d'écureuils et d'une multitude d'oiseaux plus incongrus les uns que les autres. Seuls le léopard qui nous semble inaccessible en cette saison, l'éléphant et le black rhino manquent à l'appel ! Nous les espérons pour demain !

 

Jeudi 21 janvier : Etosha Parc (Halali- Namutoni)

 

Il est possible qu'en ne mettant pas de réveil, nous nous retrouvions au même diapason naturel que cet endroit dans lequel le temps s'est arrêté. Nous empruntons la route de l'abondance et de la majesté. Abondance car à l'inverse de notre précédente journée la nature semble ne pas sentir notre présence et réunir tous les acteurs de son quotidien paisible ; Majesté car c'est le seule mot qui nous vient à l'esprit lorsque les animaux immenses comme les girafes, les éléphants, les zèbres, les autruches et les lions sont si proches de nous qu'il nous est possible de sentir leurs muscles sous le pelage, leur respiration chaude et haletante, leus mouvements tranquilles. Lorsqu'une vaste étendue s'ouvre le long de la route sur des centaines de milliers d'hectares, nos regards sont aspirés par cette mise en scène. Un troupeau de Springbok au premier plan, des buffles juste derrière eux, plus à droite des zèbres avec leurs petits et à gauche parmi les arbres, les longs cous tachetés des girafes forment un sublime tableau vivant.

Nous sommes dans notre rêverie lorsqu'une girafe mâle nous toise du haut de ses 6 mètres au beau milieu de la route. Bon, une giraffe, ça va. Mais le virage et la végétation nous empêchent de voir ses compatriotes qui arbrorent fièrement leurs tâches brunes. A mesure que nous approchons la voiture, c'est une dizaine de top modèles qui se présentent là attendant patiemment d'être prises en photo, ou de savoir ce que nous allons faire. Il faut avouer que sur le moment, nous ne sommes pas bien sûrs de nous. Bon, les girafes, ça va, nous les savons craintives et elles s'écartent gentillement pour nous faire une haie d'honneur! Plus loin, l'éléphant nous invite plus clairement à la réflexion : d'un côté nous le photographions le plus près possible, de l'autre Stan est prêt à réagir, une main sur le levier de vitesse si le paisibles pachiderme de 4 tonnes vient à changer d'avis ! Belle frayeur ! Les histoires circulent à Etosha comme nos légendes urbaines, nous avons entendu de tout : voitures retournées ou enfoncées... Tout se passe bien pour nous et nous pouvons relater fièrement tous les animaux vus dans le parc dans le registre du parc dédié à cet effet. Seuls le leopard et la black rhino nous ont boudés. Nous sommes simplement ravis d'avoir vécu cet instant privilégié dans cette nature sauvage et préservée. On en gardera un souvenir unique et impérissable, on a vraiment "trippé".

Après la découverte magique du parc Etosha, nous partons pour trois grosses journées de route Straight to Cape Town.

Pour aujourd'hui, nous nous arrêtons à Otjiwarongo.

 

Vendredi 22 janvier : Ptjiwarongo - Mariental

Samedi 23 janvier : Mariental - Springbok

Dimanche 24 janvier : Springbok - Cape Town

 

Trois grosses journées de route, 1500 kms parcourus sous la chaleur sans fin... éprouvant mais inspirant.

La voiture traverse les 250 kilomètres de désert, lancée à bonne allure, ni la chaleur ni les imperfections ne semblent alterer son comportement sur la route. Le conducteur quant à lui témoigne du syndrome d'Ulysse, appelé par le chant des sirènes dans son Odyssée. Chaque véhicule prend la forme d'un monstre liquide tout droit sorti des antres d'une flaque de tarrmac dans l'horyzon fuyant. L'énorme camion s'approche dans la lourdeur des ondulations torrides de l'atmosphère, détachant péniblement les contours de sa carlingue métallique, s'avançant vers nous comme pour nous happer tout entier dans la gueule de l'enfer. Les soixantes degrés habitant la lumière du soleil restent statiques et solides contre la brise du désert, déformant et liquéfiant tout dans la ligne de mire. Chaque kilomètre semble éloigner le suivant. L'aridité et l'immensité du paysage nous incitent à l'introspection, protégés derrière notre dernier rempart contre l'apparente hostilité qui règne sur ces hectares de pierre et de sable.

Face au désert, à la lente et puissante nature mouvante, devant l'érosion profonde et tranquille, à l'évolution de cette terre rocheuse qui finira partout en poussière, que sommes-nous ? Le plus petit grain de sable doit avoir mille fois l'âge de toute notre famille, de toute notre espèce.

Au milieu de cet affre mystérieux trône, vaniteuse, la route.  Invention de l'homme, traitresse, catain de la vitesse, elle invite l'inconscient à libérer la fougue de ses chevaux sur le sol lisse des heures qui s'allongent. Le sentiment de culpabilité de l'homme est visible partout et transparait sous la forme de messages de prévention "Drive Safely, Arrive Alive" ou "Don't fool yourself, Speed kills"... Don't fool yourself... risible. Qui se leurre le plus : celui qui a construit la route ou celui qui l'emprunte ? Les réseaux routiers sont pourtant la base de développement de ce vaste pays et parfaitement tenus.

Mais le jeune Xhosa qui s'enorgueillit de pouvoir conduire dix-huit heures d'affilée a déjà sa place sur la N7 qui fend le désert. Sous la roche sans vie, la mort. Tandis que sa voiture caressera les courbes de la route, légère et bercée par la vibration lancinante du moteur, il s'habituera aux creux, il ne verra plus les virages si rares. A l'instant du drame, le vol léger du papillon n'aura pas sa place dans la torpeur de la chaude après-midi du désert. Seules les créatures rampantes accompagneront sa sortie et accueilleront le choc dans une dernière secousse d'adrénaline. Sous la roche sans vie, la mort.

                                                                       
  ^^

Recommander

MobiRepotages

Regards

  • Mardi-gras-à Saint Louis
  • 0410 Cambodge Battambang (11)
  • 2402 Vietnam PhuQuoc (19)
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus