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Mobireporter est un blog qui permet à chacun de partager ses coups de coeur et ses coups de gueule lors de voyages autour du monde. L'échange des expériences est selon nous un excellent moyen de profiter à fond d'un voyage hors des sentiers battus.
"Gondwana", ce mot résonne comme une mystique incantation poussée vers le ciel par un marabou africain. Ce n'est pourtant pas une divinité mais tout au contraire la première terre du monde des
centaines de millions d'années en arrière. Tous les continents connus dans leur forme actuelle n'en constituaient alors qu'un seul, avant de se déchirer, conservant en leur sein quelques
héritages communs, dont la vie, la faune, la flore et l'homme !
Gondwana a donné la mesure ou plutôt la démesure de cette région du globe, au sud du continent africain depuis ces millions d'années. Approximativement 350 millions d'années ! Comment
pourrions-nous nous représenter une échelle en millions d'années ? Elle ne se représente pas, elle nous perd, nous confond dans notre petite existence humaine.
L'échelle africaine se joue de l'homme transformant les distances kilomètriques en heures de conduites interminables, déplaçant les points cardinaux de quelques degrés, noyés par un soleil sans
cesse au zénith. Ici, il ne pleut pas sauf quand des torrents se déversent du ciel en quelques heures ; ici, il ne fait pas froid sauf lorsque 40°C séparent la température du jour de celle de la
nuit ; ici, rien ne vit mais tout survit dans une beauté mystérieuse et sophistiquée. Cette nature a eu le temps de se perfectionner.
Elle a crée des arbres qui ne brûlent
pas dans un incendie naturel mais en profitent pour libérer leur semance et donner la vie.
Elle a imaginé la Welvitchia, une plante qui grandit de quelques centimètres par décennie, encore chargée d'eau lorsque tout est sec, increvable.
Face à l'aridité d'une année sans pluie, elle reste une sorte de barre énergétique pour sportifs à fourrure de la Savane.
Certains
vous diront que l'Afrique du Sud est verdoyante, chargée d'une jungle brumeuse épaisse et impénétrable, que ses collines moutonnent d'odorantes plantes et de larges buissons verts. D'autres vous
décriront ce pays dans une agonie hostile, dans le sable rouge, blanc ou gris, le gravier poussiéreux, la roche magmatique, les falaises escarpées, surpris par les qualités particulières de ses
animaux pour y survivre. Tous auraient raison et définiraient sans le savoir les extrêmes de l'échelle naturelle de l'Afrique du Sud et de sa cousine la Namibie.
Chaque découverte dans ce pays, chaque idée arrêtée semble immédiatement suivie de sa contradiction, nous offrant un joyeux contraste aussi extrême que déroutant ! Il n'est plus question de
savoir qui du blanc ou du noir était là le premier. Uni dans l'humanité sous le règne de Gondwana il y a des millions d'années, les hommes se sont retrouvés, se sont combattus et se sont
condamnés à s'unir à nouveau par amour pour cette terre.
Après 40 jours passés à fouiller l'Afrique du Sud et la Namibie pour essayer de les comprendre, ce sera notre seule certitude : la démesure et le contraste forment la mesure de ces deux pays
magnifiques.
Publié le 09/02/2010 à 17h59 dans Afrique