Afrique

Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 15:55

 

HouseOnFire
Comme en ouvrant une par une de jolies poupées russes pour arriver à la plus petite et la plus belle contenue dans les autres, vous entrez en Afrique du Sud, pénétrez le Swaziland niché à l'intérieur, arrivez dans la petite ville d'Enzelewini, découvrez le Malandela Center et franchissez les portes de la salle de concert House On Fire. "Washa Umkhukhu" en Swazi. cette maison n'est pas seulement "en feu" mais totalement en effervescence créative. Tout y est prévu pour inspirer l'art et dérouter l'esprit, pour susciter la surprise et rester dans un renouvellement permanent.

Cette maison fantastique est une arène à performances artistiques. Déambuler dans ses espaces enchantés est un "must" pour les voyageurs de la région sud-africaine. L'amphithâtre afro-shakespearien de la salle de concert accueille les plus grands noms de la scène musicale africaine pour mélanger le jazz, le R'nB, l'acapella,le rock ou les sets de percussions tandis que sa galerie d'art semble tout droit sortie d'un film de Tim Burton, dans une version Pop Art à la Warhol.

Dès l'entrée, la large porte de pierre gravée et incrustée de strass donne le ton. Les couleurs appellent le regard avant de le capturer définitivement dans un univers totalement féérique. Les statues figuratives incarnent les stéréotypes ironisés pour accueillir les visiteurs le long des murs et des espaces qui mènent à l'amphithéâtre. Partout, la décoration invente une complicité d'esprit dans un humour acéré. Emmenée par une idée commune, on l'imagine déposée par couches de créativité successives. Une idée en entraînant une autre, des artistes de toute origine, de toute race et de tout âge ont pu librement laisser leur empreinte sur les lieux.

La galerie abrite l'une des plus belles collections de pop art de la région. Des trônes de bois aux dossiers azimutés représentent des personnages africains et même le pastiche d'un Napoléon noir ! Les large bancs de pierre aux acoudoirs en forme de bustes féminins juxtent une balançoire surmontée d'un ange habillé "seventies". 
 1402 Swaziland House on Fire (18)1402 Swaziland House on Fire (27)On sent la pâte d'une multitude d'artistes grâce aux différents jeux de textures et de couleurs propres à chacun d'entre eux.

Avec ses portes et ses placards de bois recouverts de gros coeurs jaunes ou bleus, et de grandes mozaiques aux larges panels de couleurs, les toilettes sont transformés en un oasis de gaieté.


Les bustes colorés d'une marchande de glace, d'une infirmière et d'une chanteuse sont accrochés au mur et des ampoules remplacent parfois une boule de glace, un stétoscope ou encore un micro. 1402 Swaziland House on Fire (34)Les chandeliers jouent la carte de l'originalité, pas un ne ressemble à l'autre. De jolies horloges faites à la main rivalisent d'astuces pour attirer l'attention sur elles sans meme donner l'heure. L'une en forme de fée est soulignée de la phrase "My Next trick is impossible", une autre soutient un petit ange volant et indique "Time flies" tandis qu'une troisieme juste à côté est chapeautée du chiffre 3 et affiche "Before 4" sur une petite pancarte. 1402 Swaziland House on Fire (40)Les trophées de chasse au mur, très courant dans cette région du monde, adoptent un nouveau genre pour habiller les animaux d'un caban, d'une veste multicolore au col haut ou de motifs acidulés. Un vingtaine de petits angelots se partagent la place, suspendus à une tringle à rideaux au milieu de nulle part.


 1402 Swaziland House on Fire (33)

La petite pancarte "Jimmy Carter President of the United States stood here" trouvée dans un restaurant proche d'un lieu officiel a été malencontreusement déplacée dans... les toilettes pour hommes !

On ne peut que le répéter, ce lieu est unique tant pour son décor artistique et humouristique que pour son ambiance.



Nous ne voyons plus les touristes mais immergeons totalement dans la " creative happy life" du Swaziland ! Blancs ou noirs, enfants, adultes, personnes âgées, quand la musique est bonne et que le décor est fou, franchement, où sont les différences ?!


Le concert auquel nous assistons pour la Saint Valentin nous a véritablement propulsés dans un univers à part entière avec une seule envie : partager, danser, rire, partout dans toutes les positions et avec tout le monde.
1402 Swaziland House on Fire (29)
On s'y sent bien et à mesure que les chanteurs montent sur scène, l'énergie est immense dans les lieux. Un congolais à la basse s'harmonise avec un français au clavier, le percussionniste vient d'un village tout proche et le guitariste qui tente un solo avec les dents est un vieux de la vieille du Nigeria. Le talent envahit l'espace et il ne peut y avoir de laisser pour compte. L'embarcation est imminente et ici, nul besoin de gilet de sauvetage, on se noie dans le bonheur avec délectation.1402 Swaziland House on Fire (30)

Peut-être y a-t-il beaucoup à apprendre d'un endroit comme House on Fire ? Seize années seulement séparent la fin de l'appartheid de nos jours et le fossé entre les races semble encore très présent en Afrique du Sud et en Namibie. Mais l'art s'avère être un ciment humain à prise rapide pour qui s'ouvre au talent, quelque soit sa couleur.

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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 15:19
Nous sommes dans un village traditionnel zoulou reconstitué, l'attrape nigot type pour blancs becs trop urbanisés en mal d'authenticité. Les large huttes de pailles circulaires plantent un décor qui semble vrai dans la nuit chaude de la côte Est de l'Afrique du Sud. Nous prenons place au centre du village dans un cercle d'une dizaine de mètres de diamètre délimité par des poteaux mal ajustés. C'est là que les membres du village tenaient leurs assemblées pour discuter des problèmes communs, des décisions à prendre sous l'autorité du père du village ; là aussi que le bétail était préservé comme un trésor. Le feu éclaire nos visages sceptiques lorsque les danseurs vêtus de leur habit traditionnel entrent dans l'arène. A dix, ils sont plus nombreux que notre assemblée spectatrice de privilégiés. Nos quatre paires d'yeux dévisagent ces jeunes hommes, cherchant à y trouver quelque similarité avec un jeune européen d'aujourd'hui équipé d'un lecteur MP3 et d'un téléphone portable dernier cri, habillé de fringues de marque dégriffées et riant de bon coeur avec ses amis. Franchement, en dehors de l'acoutrement, tout prête à les confondre. Les tambours à la peau fatiguée par le soleil et les précédentes représentation amorcent un léger rythme comparable au sept coups d'introduction à une pièce de théâtre. Leur visage change et nous invite à nous plonger quelques décennies en arrière, alors que ces danses traditionnelles célèbraient les mariages ou communiquaient un état de bien être à partager. Nous forçons nos esprits rendus étroits et suffisants par trop d'activité dans nos villes géantes et quelques reportages bien faits sur la chaîne cablée Planète. Nous sommes venus jusqu'ici, autant écouter, observer et même nous ouvrir à ce bref épisode culturel. Les chevilles couvertes de paille légère, la taille ceintrée d'une peau et la tête coiffée d'une fourrure, les troubadours africains basculent légèrement d'un pied sur l'autre à deux mètres de nous. Est-ce la lumière du feu ou la poussière qui se soulève doucement à chaque mouvement, nous ne saurions le dire, mais à mesure que leurs paupières se ferment sur la musique et que leurs sourires s'élargissent, nous comprenons que cela a du sens pour ces jeunes de perpétuer cette fabuleuse culture zoulou et nous pénétrons réellement dans leur cercle.

1002 AFS Village Zoulou (10)Les larges baguettes de bois viennent frapper plus intensément la peau des Djembe, libérant une odeur animal de l'instrument, les corps zoulous deviennent moites et révèlent à la lumière de la flamme une musculature taillée dans l'eben. Chacun leur tour, ils se dressent devant leurs compagnons assis dans une épaisse poussière pour rivaliser de dextérité. Le déhanchement ondule légèrement comme une lente vague avant de céder une place brutale à un lever de jambe ample et puissant au dessus de la tête, qui rejoint les impacts lourds des percussions au contact du sol. Le sable s'enfonce profondément sous le pied pour émettre une courte vibration perceptible jusqu'à nous. L'enchainement du geste est impressionant et nous transporte au rythme grimpant de la musique. Leur voix, la mélodie répétitive et la succession crescendo de cette épreuve de force nous emmènent dans leur univers. Il n'y a plus de rire ou de sourire mais une volonté écrasante de jeter la jambe plus haut, de frapper la terre plus fort dans l'oubli apparent de la douleur qui s'en suit. Les sifflements hystériques accompagnent le rythme effrayant des tambours et lorsqu'on imagine être au plus haut, au plus rapide, au point culminant de l'instant, tout s'accélère encore marquant les visages transpirants de râles étouffés. Leur respiration est forcée, haletante et les gouttes perlent sur leur visage et leur buste en feu ; notre souffle est coupé et nous accompagnons chaque impact de pied dans le sable d'une crispation muette et choquée. A l'appel provocateur des autres et dans un chant partagé, ils donnent tout et expriment qu' il ne s'agit plus d'une représentation. Nous n'existons plus et sommes les invisibles spectateurs de cette scène ancestrale qui s'est répétée et répétée encore depuis des siècles. Lorsque le meilleur danseur au pic de son effort, dans le dépassement de son art s'éteint avec les tambours et retombe sèchement sur le sol, le silence occupe tout l'espace de sa mystique. Nous ne pouvons même pas applaudir. Un clap de main serait trop faible, trop bas à cette seconde précise pour saluer l'envolée qui nous a été offerte. Nous restons suspendus aux poitrines essouflées, à la poussière figée dans l'air et retombons avec elle, doucement. S.
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 17:59


"Gondwana", ce mot résonne comme une mystique incantation poussée vers le ciel par un marabou africain. Ce n'est pourtant pas une divinité mais tout au contraire la première terre du monde des centaines de millions d'années en arrière. Tous les continents connus dans leur forme actuelle n'en constituaient alors qu'un seul, avant de se déchirer, conservant en leur sein quelques héritages communs, dont la vie, la faune, la flore et l'homme !

1201 Fish River Canyon (23)
Gondwana a donné la mesure ou plutôt la démesure de cette région du globe, au sud du continent africain depuis ces millions d'années. Approximativement 350 millions d'années ! Comment pourrions-nous nous représenter une échelle en millions d'années ? Elle ne se représente pas, elle nous perd, nous confond dans notre petite existence humaine.


L'échelle africaine se joue de l'homme transformant les distances kilomètriques en heures de conduites interminables, déplaçant les points cardinaux de quelques degrés, noyés par un soleil sans cesse au zénith. Ici, il ne pleut pas sauf quand des torrents se déversent du ciel en quelques heures ; ici, il ne fait pas froid sauf lorsque 40°C séparent la température du jour de celle de la nuit ; ici, rien ne vit mais tout survit dans une beauté mystérieuse et sophistiquée. Cette nature a eu le temps de se perfectionner.
1601 WalvisBay (59)2101 Etosha Park (23)
1801 Damarland (7)Elle a crée des arbres qui ne brûlent pas dans un incendie naturel mais en profitent pour libérer leur semance et donner la vie.

Elle a imaginé la Welvitchia, une plante qui grandit de quelques centimètres par décennie, encore chargée d'eau lorsque tout est sec, increvable.

Face à l'aridité d'une année sans pluie, elle reste une sorte de barre énergétique pour sportifs à fourrure de la Savane.













1301 Sesriem & Sossusvlei (36)Certains vous diront que l'Afrique du Sud est verdoyante, chargée d'une jungle brumeuse épaisse et impénétrable, que ses collines moutonnent d'odorantes plantes et de larges buissons verts. D'autres vous décriront ce pays dans une agonie hostile, dans le sable rouge, blanc ou gris, le gravier poussiéreux, la roche magmatique, les falaises escarpées, surpris par les qualités particulières de ses animaux pour y survivre. Tous auraient raison et définiraient sans le savoir les extrêmes de l'échelle naturelle de l'Afrique du Sud et de sa cousine la Namibie.


Chaque découverte dans ce pays, chaque idée arrêtée semble immédiatement suivie de sa contradiction, nous offrant un joyeux contraste aussi extrême que déroutant ! Il n'est plus question de savoir qui du blanc ou du noir était là le premier. Uni dans l'humanité sous le règne de Gondwana il y a des millions d'années, les hommes se sont retrouvés, se sont combattus et se sont condamnés à s'unir à nouveau par amour pour cette terre.


Après 40 jours passés à fouiller l'Afrique du Sud et la Namibie pour essayer de les comprendre, ce sera notre seule certitude : la démesure et le contraste forment la mesure de ces deux pays magnifiques.

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 22:02



2301-Flaque-de-Route--1-.JPGLa voiture traverse les 250 kilomètres de désert, lancée à bonne allure, ni la chaleur ni les imperfections ne semblent alterer son comportement sur la route. Le conducteur quant à lui témoigne du syndrome d'Ulysse, appelé par le chant des sirènes dans son Odyssée. Chaque véhicule prend la forme d'un monstre liquide tout droit sorti des antres d'une flaque de tarrmac dans l'horyzon fuyant. L'énorme camion s'approche dans la lourdeur des ondulations torrides de l'atmosphère, détachant péniblement les contours de sa carlingue métallique, s'avançant vers nous comme pour nous happer tout entier dans la gueule de l'enfer. Les soixantes degrés habitant la lumière du soleil restent statiques et solides contre la brise du désert, déformant et liquéfiant tout dans la ligne de mire. Chaque kilomètre semble éloigner le suivant. L'aridité et l'immensité du paysage nous incitent à l'introspection, protégés derrière notre dernier rempart contre l'apparente hostilité qui règne sur ces hectares de pierre et de sable.

Face au désert, à la lente et puissante nature mouvante, devant l'érosion profonde et tranquille, à l'évolution de cette terre rocheuse qui finira partout en poussière, que sommes-nous ? Le plus petit grain de sable doit avoir mille fois l'âge de toute notre famille, de toute notre espèce.



2301 Flaque de Route (3)Au milieu de cet affre mystérieux trône, vaniteuse, la route.  Invention de l'homme, traitresse, catain de la vitesse, elle invite l'inconscient à libérer la fougue de ses chevaux sur le sol lisse des heures qui s'allongent. Le sentiment de culpabilité de l'homme est visible partout et transparait sous la forme de messages de prévention "Drive Safely, Arrive Alive" ou "Don't fool yourself, Speed kills"... Don't fool yourself... risible. Qui se leurre le plus : celui qui a construit la route ou celui qui l'emprunte ? Les réseaux routiers sont pourtant la base de développement de ce vaste pays et parfaitement tenus.

Mais le jeune Xhosa qui s'enorgueillit de pouvoir conduire dix-huit heures d'affilée a déjà sa place sur la N7 qui fend le désert. Sous la roche sans vie, la mort. Tandis que sa voiture caressera les courbes de la route, légère et bercée par la vibration lancinante du moteur, il s'habituera aux creux, il ne verra plus les virages si rares. A l'instant du drame, le vol léger du papillon n'aura pas sa place dans la torpeur de la chaude après-midi du désert. Seules les créatures rampantes accompagneront sa sortie et accueilleront le choc dans une dernière secousse d'adrénaline. Sous la roche sans vie, la mort.


2301 Flaque de Route (5)
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 10:23

 

 


1201 Fish River Canyon (36)

Depuis quarante mille ans, l'homme appose sa trace sur les terres magiques de l'Afrique du Sud. Chaque année la saison des pluies marque le mouvement naturel perpétuel de ce berceau de l'humanité.

Nous traversons ses routes d'Est en Ouest et partout à cette saison le pays semble prisonnié d'une lourdeur orageuse. De Joburg à Cape Town, la fin de journée appelle la même cérémonie climatique, attendue comme une libération par la population lorsqu'elle offre à ses spectateurs les quelques milimètres d'eau qu'ils attendent.

Comme Bartolomé Dias il y a plus de cinq siècles, les nuages sombres explorent le ciel à la recherche d'un sommet qui leur offrira asile. Ils s'imisent doucement dans les sillons d'une nature asséchée. Par endroit, l'union de la veille entre la terre aride et le ciel colérique est visible à travers les traces herborées de leur fertilité.

L'orage d'Afrique du Sud semble tellement raconter l'histoire de son pays, la fusion des éléments, le mélange dans la brutalité. D'abord gronde très lointaine la grande caisse sourde pour ramener à la vie l'esprit des premiers nomades Sans. Rejoints par les  Khoi-khois, ils se mèlent sans heurt devenant les Khoi-Sans et rencontrent de nouveaux nuages sur leur passage, de nouveaux peuples, les Zoulous, Xhosa, Swazi et Ndebele. Chacun leur forme au départ, uniformisés par la langue, ils deviennent un peuple homogène plus riche . Puis surgissent les nuages lointains, explorateurs portugais et hollandais et à mesure que l'orage approche, nos sens deviennent la porte imaginaire sur un passé historique tumultueux : le poids de ses guerres, la chaleur humide de ses larmes, la surprise de sa violence. Les coups de tonnerre répétitifs et majestueux expriment soudain l'invitation à une musique chargée des siècles de colonisation, d'une beauté riche et brutale. Elle évoque la douleur de ce peuple fier et torturé par ses mélanges, terre d'accueil et de soumission, terre de commerce et d'escalavage qui a vu naître les esprits les plus naifs, commes les plus tenaces jusqu'à celui de Mandela.

Le ciel offre un spectacle déchiré de plusieurs couches de nuages aux couleurs blanches, noires et métissent. Les éclairs sont si prompts à le percer que l'on sent bien qu'ils ne demandent pas la permission. Chacun dans son droit, chacun dans sa louange. Les Zoulous choisissent la cruauté, les hollandais s'étalent pour chercher plus loin une forme de paisibilité mais chaque fois qu'ils avancent, les britanniques les encerclent et les gagnent. Nuages noirs et nuages blancs prêts à se mélanger s'éloignent de plus en plus. Entre eux, la foudre cherche à se frayer un chemin jusqu'à la terre, fragile spectatrice. Les nuages sombres cèdent progressivement l'espace, se laissent encadrer par les règles des blancs mais s'accrochent dans le ciel avant de déverser leurs larmes anuelles, chargées du sang rouge du désert du Kalahari. 1201 Fish River Canyon (38)

Siècle après siècle, le clivage s'inscrit plus durement sans retour en arrière imaginable. La mixité est d'abord interdite par les blancs, puis l'espace devient plus réduit et plus réduit encore pour les noirs. La vie elle-même se limite, sans expression, sans liberté, sans révolte possible.

Soudain, quelques gouttes trouvent leur chemin et marque la liaison entre le ciel rustre et la nature qu'on pensait indomptable. Gandhi apporte une nouvelle lumière sans violence, Nelson Mandela organise l'expression du plus grand nombre. L'idée est là, parfois brisée. La nature se laisse caresser, elle absorbe goutte après goutte ce que les monstres informes et denses lui lâchent. Elle se courbe pour mieux se redresser, vivre.

Chaque minute révèle l'odeur sèche des routes, du sable, de la végétation endormie, surprise par l'eau qui n'a pas rendu visite depuis des mois. La terre hostile, l'une des plus riches du monde accueillant 120 espèces de mamifères, plus de mille sortes d'oiseaux et des centaines d'espèce végétales ne peut se refuser trop longtemp et se laisse fertiliser.

Après l'orage, il parait clair que l'important n'est plus qui des africains ou des européens était là le premier, quel nuage a tort ou raison mais comment un seul peuple sud-africain pourra mériter tout ce que cette terre a à offrir.



1301 Sesriem & Sossusvlei (54)

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  • 1102 AFS Hluhluwe reserve (12)
  • 0310 Cambodge Battambang (8)
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